Roman complet
Ogier, le Danois noir
Le fils du roi a tué le sien. C'est le père qu'on a banni.
Une nuit dense. Obscure. Presque palpable. Deux garçons face à face au-dessus d'un échiquier d'acajou : Charlot, fils aîné du roi Charles, et Baldwin, fils d'Ogier le Danois. Un enfant qui aimait les chevaux et les échecs, l'ivoire plutôt que le fer.
Charlot perd. Il saisit le plateau. Il frappe.
Quand Ogier gravit la tour, il trouve son fils par terre, le damier fendu en deux, les pièces éparpillées sur la pierre. Et un cavalier d'ivoire roulé dans le sang.
Charles ne peut pas frapper son propre sang. Il bannit le père.
Ce qui suit n'est pas une vengeance. C'est ce qu'un homme fait de vingt ans de guerre quand il ne lui reste plus rien à protéger.

L'homme
Danois, donné en otage à huit ans, adoubé de la main du roi. Ogier fut l'un des douze pairs, le paladin de Charles, son héraut de guerre. Il ne l'est plus. Il porte contre sa poitrine un cavalier d'ivoire ramassé dans le sang de son fils, et il le portera jusqu'au bout. C'est tout ce qui lui reste de lui.
La guerre
Banni, il traverse les Alpes et vend son épée au roi Didier de Lombardie, le pire ennemi des Francs. Puis il tient Pavie contre l'armée de celui qui l'a chassé. Un siège, un hiver, une ville qui apprend la faim. Il n'a plus de camp, plus de titre, plus de retour possible. Seulement des hommes qui comptent sur lui pour tenir un mur.
L'hiver volé
Elle est mariée, elle a deux fils, et elle sait exactement ce qu'elle risque. Elle le soigne, puis elle le garde. Elle regarde Ogier comme personne ne l'a regardé depuis Laon. Il n'a rien demandé. Elle non plus. C'est le seul endroit chaud du livre.
Une chanson de geste écrite du côté sombre
Ogier le Danois n'est pas une invention. C'est un héros de la matière de France, contemporain de Roland, dont les chansons médiévales racontaient déjà l'exil et la révolte. Ce roman reprend sa légende là où elles l'avaient laissée, et refuse de l'adoucir.
On y trouve la matière carolingienne dans son entier : Charlemagne et son aveuglement volontaire, le duc Naimes, Ganelon qui n'agit jamais lui-même, et la route de Roncevaux qui se prépare déjà dans les couloirs d'Aix. Le tout traité avec la noirceur de Michael Moorcock et l'économie de Roger Zelazny.
Pas de magie qui résout. Pas de prophétie qui sauve. Un homme faillible, une épée qui porte un nom, un cheval noir, et un cavalier d'ivoire contre le sternum.
Un roman complet. Aucune suite à attendre.
Vingt-sept chapitres et une postface. L'histoire d'Ogier commence et s'achève dans ce volume : pas de cliffhanger, pas de tome deux à guetter, pas de trilogie à financer.
La postface détaille ce qui est historique et ce qui ne l'est pas, la géographie lombarde, le siège de Pavie, les libertés assumées, pour les lecteurs qui aiment savoir où passe la frontière.
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